poèsie en liberté

poèsie en liberté

Regard amoureux

Je le cherche, je le guette, sous l’oreiller, tel un mouchoir noué ou sous les draps froissés d’une nuit bien agitée. 


Je le cherche au petit déjeuner comme une rose posée entre thé et tartines beurrées, au bord du lavabo près d’une brosse usée attendant pied levé une prochaine alliée qui viendrait s’y mêler. 


Je le cherche sur mon chemin, comme ces regards croisés dans les rues désertées, comme la fleur figée dans la haie toute givrée, comme les cris acérés des oiseaux à peine nés. 


Je le cherche au fil de la journée, derrière les vitres teintées comme un regard posé sur ma nuque dénudée, à travers la fenêtre comme le souffle défiant, un instant, la pureté d’un ciel printanier. 


Je le cherche sur mes propres vêtements, comme la douce vibration d’un message arrivant, comme une bague retrouvée dans une poche effleurée, telle effluve déposée sur l’écharpe colorée. 


Je le cherche à travers les vivants, comme l’enfant trottant la main serrée à sa mère adorée, comme la femme attristée de n’être plus désirée, comme l’homme fatigué de ne pouvoir pleurer. 


Je le cherche comme un air de fête, l’oasis du désert, la lumière des étés et la lune acharnée qui ne cesse de tourner. 


Je le cherche telle une étincelle dans un monde qui sommeille, comme une pincée de sel qui éveille des merveilles. 


Je le cherche, sur les paroles d’un CD coutumier qui m’invite à chanter, sur les lettres imprimées d’une page oubliée, sur les mots que tout bas je fais danser bien haut, sur l’idée partagée qu’il suffirait d’aimer, sur l’envie qui en nait de bien vite y gouter. 


Je le cherche, je le guette ce regard amoureux qui nous rend tous envieux, la force de vivre à deux et le vœu, un peu pieux, qu’il nous rende plus heureux. 


Et je lance mes idées, jongle avec mes pensées comme une paire de dés dans un jeu usagé au lieu de m’apprêter et d’enfin parier sur le « pour » de l’amour qui durerait toujours. Quand on me fait la cour, j’appelle vite les secours en me voilant la face pour mieux échapper à tous ces aventureux, ces audacieux qui finiront bigleux ou boiteux. 


Mais toi le sais bien quand tu plantes ton regard dans mon cœur capricieux et que d’un geste fabuleux tu m’ôtes les cheveux que j’ai devant les yeux. Et là c’est toi qui fais la loi, toi qui m’offres cette indicible joie. 



16/03/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 9 autres membres