poèsie en liberté

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La quête

 

Ainsi rêvait Don Quichotte

  

Il y a sur cette terre des choses bien singulières.

 

Des familles démunies et d’autres aux paniers trop garnis. Des gens bien portants et d’autres, un pied sur la tombe, déjà tombant. Des maisons de nobles renoms et des taudis munis de paillasses pour simples lits.

 

Des pays sous la pluie et d’autres dans la nuit. Et puis des terres arides jonchées de rides. Des fessiers hauts perchés qui ne font que juger. Et d’autres décharnés que l’on se borne à fouetter.

 

Des têtes bien formatées qui ne servent qu’à compter et des poètes moqués qui ne savent que rêver. Mais qu’en est-il de mon pays ? Je l’entends qui m’appelle et qui m’attend… Pour conquérir cette terre en toute quiétude il me faut lever une armée et trouver une dulcinée mais comment faire un choix ?

   

Il y a ces belles Andalouses que l’on dit jalouses, de longues Suédoises non moins sournoises. De puissantes Allemandes si joliment gourmandes. De chantantes Italiennes qui nous tiennent en haleine. Et ces maudites Françaises qui trop rarement déplaisent. Tous ces petits bouts de femmes qui font jaillir des flammes de toute la tendresse qui leur sert de richesse. Et puis ces beaux messieurs qui jouent de leurs doux yeux avant que d’être vieux mais préfèrent leurs écus à tous ces jolis culs trop mal vêtus ou trop têtus. Il y a de l’injustice dans le dessin des cuisses comme dans toute naissance que l’on voile d’ignorance.

 

Sancho, fidèle écuyer, part vite sceller mon cheval et me le ramène. Il nous faut battre campagne et cesser ce carnage. Me trouver une épouse et forcer ma destinée. Rendre le vent aux moulins et remplir de lumières les cieux trop embrumés. Parsemer de trêves les contrées désarmées et rendre leurs rêves aux enfants oubliés. L’Espagne nous invite à cette possible quête. Il n’y a plus de saison dans mon corps sans prénom et pas plus de raison dans mon coeur sans passion.

  

Mais le temps d’apporter la monture, le temps que se lève le jour, le temps que ses jambes le portent, le temps de prendre une lame, le temps de la tailler …. Et le temps est venu où Don Quichotte n’est plus.

 



23/08/2016
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